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A l’ambassade, on ne fait pas que l’enrôlement. A cette approche des vacances, les demandes de visa, les demandes de passeports et l’établissement de tous autres documents consulaires qui d’ordinaire font déplacer du monde sont simplement pris en otages. Depuis le 11 juin, date du début de l’enrôlement à Paris, les jours passent et se ressemblent. L’ambassade de Côte d’Ivoire 102 rue Raymond Poincaré et le service économique du 24 boulevard Suchet dans le 16ème arrondissement, lieux retenus pour les opérations d’enrôlement, étalent au quotidien leurs débordements.
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La population ivoirienne dont on a toujours sous estimé le nombre arrive en grand nombre le long de l’avenue Poincaré, en un rang qui part du métro, jusqu’à la grille d’entrée de l’ambassade. Tout le quartier est envahi par cette déferlante noire qui y passe debout, toute la journée en espérant voir leur tour arriver et pouvoir enfin se faire enrôler. Rebelote le lendemain pour ceux, nombreux qui ne seront pas pris et abandon pour les autres qui devront vaquer à leurs obligations. La déception est grande et les colères fortes. L’enrôlement est lent. Il faut environ une vingtaine de minutes pour traiter un dossier. Les agents recenseurs cherchent en vain la position des lettres sur le clavier, et peinent à vérifier l’originalité d’un extrait de naissance. Tous ont la susceptibilité à fleur de peau. Au moindre pépin des requérants qui attendent coincés dans un rang sous le soleil, avec la faim et la soif pour ne pas perdre leur place, on répond par des incivilités et des menaces du genre, « si vous continuez on arrête tout !». Les agents de sécurité sont débordés. Les gendarmes et militaires venus leur prêter main forte mesurent, eux aussi, la difficulté de la tâche. La police française est appelée à la rescousse. Un cargo de CRS veille dehors et un véhicule du SAMU est en position d’urgence. On a assisté à des évanouissements. Trois femmes ont perdu connaissance dont une employée de l’ambassade qui a été étouffée par la meute en se frayant un passage pour rejoindre son bureau.
L’ambassade baigne dans un désordre indescriptible. Les représentants de la CEI n’ont pas mesuré la portée de leur mission. Tout le monde se plaint de Monsieur Alain Dogou responsable de l’équipe en France, qui a mal organisé l’opération et a démissionné devant la difficulté de la tâche. A toute fin utile il répond par l’agressivité, et l’arrogance. Nous lui avons demandé de faire un point de presse il est monté sur ses grands chevaux en demandant des cartes de presse et des accréditations délivrées par la direction de son organisation à Abidjan.
De toute évidence la vidéo jointe illustre le désordre opéré dans les bureaux de l’enrôlement et la souffrance que vivent nos compatriotes au quotidien durant cette quinzaine de la CEI. L’histoire de la chaise verte portée par une dame durant trois jours, depuis son domicile, via bus et métro pour ne pas rester debout toute la journée, est révélatrice de la souffrance de ses braves gens livrés au soleil, à la pluie et au vent, coincés dans des odeurs de sueurs. Le diplomate Timothée EZOUAN qui assure l’intérim de SE M Pierre KIPRE absent depuis le début de cette opération est tout aussi inexistant, timoré, impassible et plutôt détendu devant l’énormité. Nullement ébranlé par ce qui se passe, il se pavane en gentleman, les mains dans les poches. Une dame désabusée lui a adressé un regard furtif et s’est décrié « Tout ça là, ça va finir un jour ».
En chiffres, cette opération cumulée de la SAGEM et de la CEI permet d’enrôler 500 personnes par jour soit le quart environ des présences. Il est clair qu’à terme, à défaut d’une prolongation nécessaire à Paris, pour contenter le plus grand nombre, on aurait recensé 10 000 personnes, soit environ un dixième de la population ivoirienne dans l’hexagone.








